Concours du GELAHN 2009
Elèves de seconde et de première

VERSION LATINE

CAMERARIUS, Simius et Delphinus, fabula.

Traduction :
    Autrefois les marchands avaient l’habitude d’emporter dans leurs longs voyages en mer des petites chiennes de Mélite ou des petits singes pour que leurs jeux allègent l’ennui de la navigation. Ainsi comme un de ces marchands avec un petit singe passait le long de l’Attique, non loin du cap Sounion, promontoire situé dans cette région, voilà que se lève une très violente tempête, la mer se hérisse et les flots se soulèvent avec une force si grande que le navire se retourne. Alors donc que tout, choses et gens, était dispersé et flottait çà et là, nageait encore sur les eaux le singe. Un Dauphin qui l’avait aperçu, pris de pitié pour lui parce qu’il pensait que c’était un homme (or l’amour des dauphins pour le genre humain est de nature exceptionnelle), nage vers le Singe et l’ayant pris sur son dos commence à le conduire vers la terre. Déjà le Pirée était en vue, et au même endroit le port des Athéniens, lorsque le Dauphin demande au Singe s’il est citoyen d’Athènes. Comme celui-ci lui répondait qu’il était bien citoyen d’Athènes et né de parents nobles dans cette ville, le Dauphin l’interroge plus avant : pourrait-il reconnaître le Pirée ? Le Singe alors : « Assurément, c’est un excellent ami, le meilleur, et par-dessus tout mon familier » dit-il, pensant que le Dauphin lui parlait d’un homme. Scandalisé par un mensonge aussi éhonté, le Dauphin plongea dans la mer et laissa le petit singe vaniteux suffoquer dans les eaux.
    On raconte cette fable pour lutter contre la vantardise et les mensonges, vices qui souvent, c’est un fait reconnu, ont été pour les fanfarons non seulement cause de préjudice et de déshonneur, mais ont aussi entraîné leur perte.


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