Concours du GELAHN 2007
Elèves de terminale

VERSION LATINE

René RAPIN (1620-1687), La Tulipe.

Traduction:

  Et la Dalmatienne, qui règne aujourd’hui comme fleur
dans les jardins, fut autrefois une jeune fille, dont
la mère était la nymphe azurée de la source du Timave,
et le Père Protée, et ainsi selon la nature de
son père, la diversité en tout convenait à la jeune
fille . Après avoir parcouru le monde, Vertumne parvint
aux frontière d’Illyrie. La jeune fille était
assise devant la source de la nymphe sa mère. Il s’apprêtait
à lui adresser des paroles caressantes et des
mots d’amour, mais la jeune fille le laissa là et s’enfuit
au loin. Comme elle était par elle-même éprise
d’apparences variées , Vertumne prenait toutes les formes
selon la nature changeante de la jeune fille, pour
essayer de lui plaire. Mais lorsque le dieu sentit que
ses désirs étaient vains et que ses artifices perdaient
leurs charmes, rendu audacieux par l’amour, il avoua
qu’il était pareillement dieu et amant et aux paroles il
allait ajouter la violence. « Sauvez ma pudeur, Dieux de
la patrie », s’écrie la jeune fille, et elle commence à
sembler digne de ses vœux : de la jeune fille naît une
fleur. L’or qui brillait dans l’éclat de sa chevelure,
les rubans et les bandelettes qui entouraient sa tête
sont changés en feuilles, sa poitrine pleine devient une
tige mince qui s’élève haut au-dessus de la luxuriance
des feuilles et, au sommet de la tige, la fleur forme
un calice tourné vers le ciel en un cercle allongé et le
calice se couronne de six pétales, où elle déploie
toutes les couleurs que possède la nature.


Traduction d’Andrée THILL (édition Droz).


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