Concours du GELAHN 2007
Elèves de seconde et de première

VERSION LATINE

François-Joseph DESBILLONS (1711-1789), Fables, 1779.
Traduction de l'auteur:
FABLE
Le Loup pénitent.


    Plongé dans l’amertume du repentir, sire Loup se mit un jour à détester sérieusement la perversité de ses mœurs, la scélératesse de sa vie. « Ce n’est pas vivre, dit-il, que d’être toujours agité des fureurs de la cruauté, toujours enflammé de l’amour du carnage. Je veux donc commencer tout de bon à changer de conduite ; je veux mettre un frein à mes passions déréglées ; je veux me conformer aux règles de la douceur et de la bonté. La paix et l’innocence règnent chez la nation moutonnière : allons y chercher de bons exemples, et un commerce propre à corriger ce qu’il y a de vicieux dans nos penchants. » Il dit ; et sans différer, il va droit à un troupeau de moutons, dans la disposition sincère, à ce qu’il croyait, non seulement de ne leur causer aucun dommage, mais encore de les charmer par son édifiante conversion. Hélas ! qu’une mauvaise habitude a de forces ! A peine voit-il de près cette nation paisible qu’il sent renaître son ancienne férocité : esclave volontaire de ses appétits gloutons, il en suit les mouvements impérieux, et se jette sur la première victime que le Sort lui présente.
    Cette fable nous apprend que quand la honte attachée au crime est le seul motif qui en retire les hommes, ils y retombent ordinairement à la première occasion.




retour