Concours du GELAHN 2004
Elèves de seconde et de première

VERSION LATINE

L’avare.

    Un avare grand amateur de richesses, après avoir vendu ses champs, sa maison, son mobilier et ses vêtements, fait fondre l’or qu’il avait obtenu du prix de leur vente en une unique masse et l’enfouit sous la terre. Au lieu où il ensevelit son or, au même endroit il enferme aussi son âme et son coeur. C’est pourquoi tous les jours il venait, contemplait sa fortune et tirait un grand plaisir de ce spectacle. Ayant remarqué la chose, un homme qui avait l’habitude de faire dans les parages je ne sais quelle tâche comprit de quoi il s’agissait, à savoir que l’homme y avait enseveli son or, et comme l’avare rassasié par la vue de la terre qui recouvrait l’or s’était éloigné, il accourt et enlève la terre, trouve l’or et l’emporte. Bientôt l’avare à son habitude revient et ayant vu ce qu’on avait fait entre-temps, commence à se lamenter d’une façon pitoyable, à s’arracher le peu de cheveux qui lui restait et à accuser les Dieux et les hommes. Quelqu’un qui passait devant lui, le voyant dans une peine extrême, lui demande ce qui lui était arrivé et devant sa réponse : « Hé, dit-il, ne pleure pas et n’aie pas ton âme à ce point affligée. A ce qu’il semble, tu n’as subi aucun dommage, toi qui, alors même que tu possédais ton or, t’en es privé. C’est pourquoi replace maintenant une pierre en cet endroit et persuade-toi que ton or y est enseveli. Car absolument rien n’aura été changé et l’une ne pourra t’être plus utile que l’autre. En effet comme jusqu’à présent ton or y était enterré, tu ne t’en servais pas. »
    La fable signifie qu’est possédé en vain ce dont on ne se sert pas et qu’il n’est aucun avantage aux richesses si ce n’est dans leur emploi.


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