Concours du GELAHN 2002
Elèves de seconde et de première

CORRIGE DE LA VERSION LATINE 

Fable.
La mouche et la fourmi

 La mouche qui voulait surpasser la fourmi la rabaissa et se rehaussa par ce discours : « Vois, dit-elle, à quel point tu es basse : tu habites les creux de la terre et sans discontinuer tu rampes sur le sol, cherchant au prix de grands efforts une maigre pitance. Moi au contraire, des ailes me portent au ciel et les tables royales me reçoivent, moi, en outre, je bois dans l’or et l’argent, de mets très délicats je me sustente, sur la pourpre je repose. Bien plus je baise souvent les joues très douces des belles. » A la dédaigneuse qui s’enflait de la croyance en son bonheur la fourmi répondit : « Ajoute encore ceci : ton effronterie est détestée et odieuse à tous, on apprête contre toi les éventails et les poisons. Et cela encore : cette vie heureuse ne dure qu’une faible partie de l’année tant que le soleil est ardent, mais elle disparaît aussitôt l’hiver et le froid venus. Moi au contraire je m’active durant l’été sans trop me donner de peine pour pouvoir mener une vie paisible et exempte de soucis pendant l’hiver. »
 La fable enseigne ceci : celui qui dit ce qu’il veut entend ce qu’il ne veut pas et ceci aussi : la vie heureuse ne réside pas dans les petits profits mais dans l’absence de grands inconvénients.

Joachimus CAMERARIUS, Musca et formica.


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