Après la réunion publique de réflexion et de débat (samedi 15 mai 2004 à l’EHESS à Paris)
- 24 Mai : l'Elysée reçoit une délégation
- 4 Juin : entrevue au Ministère de l'Education Nationale

 
Cette réunion a eu des suites immédiates, François Fillon recevant le mardi suivant, 18 mai, Jacqueline de Romilly, et le Haut Comité de Suivi des Concours (HCSC) étant dissous dans la foulée.
 
    Parallèlement, une délégation des associations organisatrices a été reçue le 24 mai à l’Elysée, à leur demande, par Hélèna Perroud, Conseillère technique pour l’éducation auprès de Roch-Olivier Maistre, Conseiller de la Présidence pour l’éducation et la culture. Elle a assuré la délégation du soutien du Président Jacques Chirac, qui a personnellement écrit à Jacqueline de Romilly lors de son article du Figaro de janvier, stigmatisant les projets de suppression (http://www.sauv.net/figaro040129.php ). Elle a demandé communication d’un dossier recensant tous les problèmes, en particulier les mesures institutionnelles qui empêchent les élèves de choisir les options de latin et/ou de grec, en créant une raréfaction artificielle des effectifs. Tous les documents nécessaires lui ont été transmis.
 
    Mais dans le même temps le ministère a procédé à un nouveau coup de force. Le projet de nouvelle classe de troisième pour 2005 divulgué par François Fillon dans la presse du 27 mai (http://www.lemonde.fr/web/imprimer_article/0,1-0@2-3226,36-366282,0.html), alors que la prochaine loi d’orientation ne sera discutée qu’en décembre 2004, remet totalement en question son semblant d’ouverture : en mettant en concurrence entre elles, dans un carcan extrêmement étroit de deux choix possibles, les options de langue vivante, régionale, ancienne, et de « découvertes professionnelles » proposées aux élèves, le projet ministériel tend à l’éradication de fait, depuis longtemps prévue, du latin et du grec qui ne seront maintenus que dans un petit nombre d’établissements protégés, accentuant ainsi l’inégalité de l’offre républicaine, et favorisant l’élitisme.
 
    La demande d’audience des associations, faite depuis le 20 mars auprès du nouveau ministre, a abouti dans ce contexte, vendredi 4 juin, à une entrevue, au ministère, de deux membres par association avec Marie-Joëlle Manteau, Conseillère technique du cabinet, assistée de Gérard Mamou, Conseiller, et de deux membres de la Direction des Établissements scolaires (DESCO), Agnès Desclaux et Aline Bibily. La délégation des associations a insisté sur la priorité et l’urgence des mesures précises et techniques à prendre dans l’heure pour honorer les promesses de Luc Ferry le 4 mars (http://www.sauv.net/ministere040304.php), au tout début du mouvement de pétition : les « mesures conservatoires » pour la rentrée 2004 de maintien des options supprimées, et l’ouverture dès septembre de tables rondes  avec les associations, à fins de réexamen et de redéfinition de la place des langues anciennes dans l’enseignement, avant la loi d’orientation qui sera votée par le parlement en décembre. Un projet de circulaire ministérielle, élaboré par les associations et recensant les mesures nécessaires à très court terme pour préserver la rentrée 2004 des hellénistes et latinistes de lycée et de collège, maintenant très menacée, a été remis à Madame Manteau, assorti des autres mesures nécessaires à moyen et long termes. Les associations ont indiqué la contradiction existant entre l’annonce d’une nouvelle troisième menaçant le latin et le grec, examinée au CSE du 24 juin,  et la loi d’orientation qui aurait dû la précéder, prévue pour décembre 2004. Les Conseillers ont indiqué qu’ils consulteraient le Ministre, dont les associations, insistant sur le « quitte ou double » pour le latin et le grec que représente cette rentrée 2004, attendent donc qu’il se prononce très vite, les orientations de troisième se faisant ces jours-ci par le biais des conseils de classe.
 
    Les associations organisatrices de la pétition se proposent de faire à nouveau appel à leurs signataires, sous une forme qui reste à définir, si leurs demandes réitérées n’aboutissent pas.

retour