ETATS GENERAUX DES LANGUES ANCIENNES, NANTES,
25 octobre 2003
 Compte rendu de l'Assemblée Générale de la CNARELA.
 
 
Présents :
24 associations sur 27 étaient présentes ou représentées.
Associations présentes : ADLAP (Amiens),  AGAP (Aix-Marseille), ALPLA (Nancy), APLAAL (Lille), APLG (Nantes), ARDELAC (Créteil), ARELAB (Besançon), ARELABOR (Bordeaux), ARELACLER (Clermont-Ferrand), ARELAG (Grenoble), ARELAL (Lyon), ARELALIM (Limoges), ARELAM (Montpellier), ARELAS (Strasbourg), ARTELA (Toulouse), AUSPEX (Reims), GELAHN (Rouen), Thalassa.
 Associations représentées : APLAG (Guadeloupe), ARELACAEN, ARELAD (Dijon), ARELAPER (Perpignan), ARELAV (Versailles), Connaissance hellénique.
 
Nous avaient fait l'amitié d'assister à l'Assemblée Générale, en tant qu'invités : Pierre Judet de la Combe (Conseiller de la Mission ministérielle sur l'enseignement des langues et cultures de l'Antiquité), Michel Perrin (président de l'APLAES), Jean-Noël Robert (Chargé de mission par le Ministère auprès de l'Union latine).
 
INTERVENTION DE JEAN-NOEL ROBERT
    Jean-Noël Robert présente un projet européen avancé (différent du projet d’“ Agence européenne des langues et cultures classiques ” que Bruxelles a rejeté). Ce projet concerne la France, la Belgique, le Luxembourg, le Portugal et la Roumanie, chaque pays avec une équipe multinationale. La proposition en sera faite le 1er mars 2004 et le projet accepté fonctionnerait dès la rentrée 2004. Un site Web sera divisé en trois rubriques : informer ; innover pédagogiquement (manuels en ligne, notamment en direction de l’Est européen) ; échanger. Le travail sera réparti ainsi : la formation des enseignants à la Belgique, l’enseignement supérieur au Portugal (de Souza à Coïmbra) et à la France (J.-P. Levet à Limoges), l’informatique à la Roumanie.
 
SYNTHESE DES ETATS GENERAUX ET VOTES
Jean-Claude Carrière, initiateur des Etats Généraux, est invité par la présidente à venir à la tribune pour orchestrer avec elle la synthèse.
Le premier point est l’examen d’un texte d’orientation proposé à l’Assemblée par J.-C. Carrière, à la demande de la présidente. Ce texte reprend des positions depuis longtemps adoptées par la CNARELA (voir notamment notre Manifeste) et les actualise à l’aide d’éléments empruntés à la démarche novatrice de Heinz Wismann et de Pierre Judet de la Combe.
Après un bref commentaire de l’auteur et quelques questions, le texte est soumis au vote de l'assemblée et adopté à l'unanimité. (Après amélioration de la forme, sous le contrôle de membres du Bureau, le texte définitif figure ci-dessous, page    )
 
Le second point est constitué par la synthèse des Etats Généraux. La démarche retenue est la suivante :
-    -          1. Vote de principes généraux découlant du texte d'orientation précédemment voté, principes valables pour l'ensemble de la scolarité (collège et lycée).
-    -          2. Vote de propositions pour le collège. (Ces propositions ont été élaborées au cours de la discussion du matin, discussion qui a suivi la synthèse – présentée par la présidente – des réponses au Questionnaire transmises par les ARELA.)
-    -          3. Vote de propositions d'ordre général pour le lycée. (Il s’agit des propositions sur lesquelles la discussion du matin a permis de dégager un accord.)
-    -          4. Propositions d'ordre concret pour le lycée. (Les propositions ont besoin d'être encore discutées, au sein des Associations Régionales, et n’ont pas été votées.)
-    -          5. Propositions pour les classes préparatoires. (Les propositions se sont avérées insuffisamment étudiées et n’ont pas été votées.)
-    -          6. Vote de propositions pour les concours de recrutement.
 
1. Principes généraux.
a) La CNARELA considère que, dans l’enseignement des langues anciennes, l'étude de la langue et l'étude de la culture sont indissociables.
b) La CNARELA estime que l’enseignement des langues et civilisations anciennes n’a pas pour objectif la formation de futurs spécialistes de langues anciennes, mais une formation critique et historique ouverte à tous.
Les deux principes sont adoptés à l'unanimité.
 
2. Propositions pour le collège.
a) La CNARELA souhaite le statu quo et demande le maintien de l'ensemble du dispositif actuel (latin en 5è, 4è et 3è ; grec en 3è). Elle accepte une certaine souplesse au bénéfice du grec, en fonction du projet d’établissement : le grec pourrait être introduit plus tôt dans le cycle central (en 5è ou en 4è). Elle souhaite que les abandons du latin dans le cycle central soient fortement découragés.
b) La CNARELA rappelle que tout élève a droit au latin en 5è et que cet enseignement doit être explicitement offert à tous les élèves et effectivement assuré.
c) La CNARELA demande que, dans les nouveaux projets pour la classe de 3è, les langues anciennes ne soient pas mises en concurrence avec les langues régionales, les langues vivantes et la “Découverte Professionnelle” et qu’elles restent accessibles à tous les élèves.
d) La CNARELA demande que les choix d'options de langues anciennes soient légitimés par l’examen et qu’au brevet des collèges (comme au baccalauréat) soient pris en compte, en latin et en grec, les points obtenus au-dessus de la moyenne.
e) La CNARELA demande que les langues anciennes soient mises hors D.H.G. et bénéficient d’un contingent horaire spécifique.
Les cinq propositions sont adoptées à l'unanimité.
 
3. Propositions d'ordre général pour le lycée.
a) La CNARELA demande que soit maintenue la possibilité pour tous les élèves de lycée général, quelle que soit leur filière, de choisir une option de latin et/ou de grec – avec ouverture des sections de langues anciennes nécessaires . Elle demande que ces options soient réellement prises en compte au baccalauréat.
b) La CNARELA demande en particulier qu'en Seconde une option de grands débutants existe en latin comme en grec.
c) La CNARELA juge indispensables et inévitables la redéfinition et le remodelage de la filière littéraire. Dans cette filière littéraire rénovée, la CNARELA demande que soit introduit un enseignement obligatoire de langue et culture de l'Antiquité.
d) La CNARELA affirme la nécessité d'introduire, dans les sections européennes, une option de langue ancienne, visant à la découverte des références linguistiques et culturelles communes à l’Europe.
Les quatre propositions sont adoptées à l'unanimité.
 
4. Propositions d'ordre concret pour le lycée.
Une proposition à deux volets s’est dégagée :
l Un module commun dans toutes les filières : “ Initiation aux langues et textes de l'Antiquité ” (2h)
l Un enseignement de spécialité, obligatoire pour les Lettres classiques, optionnel dans les autres filières : latin (2h, ou 3h comme actuellement) et/ou grec (2h, ou 3h comme actuellement).
    Cette proposition a soulevé diverses objections et entraîné une discussion. Faute de temps, la présidente décide que la discussion doit être poursuivie dans d’autres cadres ; elle demande aux Associations de réfléchir à cette proposition ou d’en proposer d’autres ; elle renvoie à l'AG de janvier 2004 la définition d’une position commune.
 
5. Propositions pour les classes préparatoires.
a) Enseignement obligatoire (3h) d'une langue ancienne pendant deux à trois mois ; puis deux possibilités : soit “ Textes et civilisation ” (2h), soit “ Langue ” comme actuellement (3h).
b) Une langue ancienne en option au concours.
c) Une épreuve optionnelle de langue ancienne au concours d'entrée à Sciences-Po (au même titre que l'épreuve d'Histoire et géographie ou l'épreuve de Langue vivante), ainsi qu'au concours d'entrée à l'ENS Cachan-Lettres (comme c'est le cas à Cachan-Sciences !). Le modèle à retenir est celui de l’épreuve optionnelle de langue ancienne de H.E.C.
    Les deux premières propositions ont été suggérées le matin par Emmanuelle Blanc (présidente de l'Association des professeurs de français et de langues anciennes des classes préparatoires littéraires), absente l'après-midi. Cependant un intervenant du débat informe l’assemblée que ces questions sont encore l’objet de discussion chez les professeurs des classes préparatoires littéraires. Dans ces conditions, l’Assemblée Générale juge tout vote prématuré et estime nécessaire que soient éclaircis par une enquête les arguments des uns et des autres. Le vote sur l'ensemble des trois propositions concernant les classes préparatoires est donc reporté. L'Assemblée mandate le bureau pour mener l'enquête sur les argumentaires.
 
6. Propositions pour les concours de recrutement de l’enseignement.
a) La CNARELA demande le maintien de concours spécifiques pour les Lettres classiques, CAPES et Agrégation.
b) La CNARELA demande qu’au CAPES de Lettres modernes l'option de langue ancienne soit rendue obligatoire.
c) La CNARELA souhaite que soient réétudiées et éventuellement redéfinies les épreuves des concours de recrutement portant sur les textes originaux en latin et en grec. Elle ajoute une condition expresse : que cette redéfinition soit précédée d’une consultation des associations de spécialistes et en particulier de la CNARELA elle-même.
    Les trois propositions sont adoptées à l'unanimité.
 
PROCES VERBAL DE LA DERNIERE A. G.
Bien que l'ordre du jour ne comporte pas ce point, la présidente, après avoir sollicité et obtenu l'accord unanime de l'assemblée, soumet au vote le procès-verbal de l'Assemblée Générale du 17 mai 2003, qui figure dans Les Cahiers de la CNARELA n° 54 de juin 2003.
 Le P.V. est adopté à l'unanimité moins deux abstentions.
 
DEMANDE D'ADHESION DE L'ASSOCIATION ATHENA A LA CNARELA
La présidente indique que la demande d'adhésion de l'association Athéna à la CNARELA s'est faite selon les règles stipulées dans les statuts. Elle donne lecture de la lettre de demande d'adhésion qui lui a été adressée par Athéna le 10 juillet 2003. Elle signale que, vu la nature des activités d'Athéna (voyages scolaires), qui sont identiques à celles de Thalassa, membre fondateur de la CNARELA, le bureau a voulu s'assurer préalablement qu'il n'y avait pas de contentieux entre ces deux associations et que leur présence conjointe à la CNARELA n'entraînerait aucun préjudice pour quiconque. Pour cela, une réunion entre Thalassa et Athéna, en présence de Jeannette Boulay, membre du bureau de la CNARELA et responsable des relations entre les associations, a clarifié tous les points susceptibles de poser des problèmes. Cette réunion ayant donné toute satisfaction aux participants, la présidente soumet au vote la demande d'adhésion de l'association Athéna à la CNARELA.
Après une brève intervention de la représentante du GELAHN et la réponse du président d'Athéna, l'Assemblée accepte l'adhésion de cette association à l'unanimité moins deux abstentions.
 
COMPTE RENDU DES ENTREVUES AVEC DIVERS INTERLOCUTEURS
1.    1.        Entrevue au Ministère le 24 juillet avec MM. Boissinot et Nembrini (voir page 4 )
-    ¨       Entrevue à l'Elysée 26 septembre 2003: audience accordée à l'Association des professeurs de LA et de français des Classes préparatoires, à l'APLAES, à la CNARELA par Roch-Olivier Maistre, Conseiller auprès du Président de la République. L'entretien a duré ¾ d'heure ; longue discussion où a été mis en avant l'intérêt de l'apprentissage des LA pour la maîtrise de la langue française, l'intérêt des cultures latines et grecques pour la reconnaissance des racines du patrimoine commun à l'Europe avant une discussion sur de questions plus techniques : revalorisation de la filière littéraire, ouverture des autres disciplines ( histoire, langues romanes etc…) au latin et au grec; dans le supérieur; le Conseiller a renvoyé aux Ministres de tutelle, mais a demandé de lui envoyer le double de tous les courriers à ces derniers. Donc, il s'agit d'un appui logistique. Devant notre souhait d'intervenir dans la Commission Thélot, il nous a engagés à en faire la demande officielle. Marie-Hélène Menaut insiste auprès de l'assemblée pour que les associations participent de près au grand “ Débat sur l’avenir de l’Ecole ” qui va s'ouvrir. Le site du Ministère, où figure le texte du rapport de la commission Thélot, indiquera le calendrier des opérations. A suivre.
2.    2.        Rencontre le 25 septembre avec Heinz Wismann et Pierre Judet de la Combe, responsables de la Mission ministérielle sur l'enseignement des langues et cultures de l'Antiquité, qui ont rédigé et remis au Ministre un substantiel rapport, très intéressant, intitulé "Premières réflexions sur l'enseignement des langues et des cultures classiques" (voir page 21). Une rencontre avec nos partenaires européens aura lieu en janvier 2004 à Berlin-Genshagen pour définir et mettre au point un tronc commun d’enseignement des langues anciennes en Europe. Ensuite auront lieu des discussions auprès des instances nationales et européennes sur les modalités de la réalisation par chacun des pays partenaires.
 
L'ordre du jour étant épuisé, l'Assemblée se sépare à 16 heures.

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